Comment gérer une période de baisse de performance ?

Le cheval est un athlète hors norme, cependant sa performance repose sur de nombreux facteurs bien fragiles, et une défaillance isolée suffit à rendre votre champion habituel méconnaissable. Lorsque votre cheval se met à moins bien travailler, ce n’est pas forcément (et même très rarement !) qu’il n’a pas envie, c’est surtout que quelque chose le gêne… À vous de l’écouter pour trouver la cause !

Les différents engrenages permettant la performance du cheval

Pour pouvoir fournir des efforts, les muscles du cheval ont besoin d’oxygène. Celui-ci est apporté par les globules rouges du sang, qui se chargent d’O2 dans les poumons et sont mis en circulation par la pompe cardiaque. On voit déjà se dessiner une première chaine de maillons absolument cruciaux. Les muscles associent l’O2 et l’énergie qui leur est apportée par l’alimentation (encore un point important !) pour fonctionner, mobilisant les articulations via les tendons. Si l’un des éléments du système musculo-squelettique est endommagé, la douleur empêchera votre cheval de fonctionner correctement. Enfin, le fonctionnement des muscles dégage du dioxyde de carbone et des molécules toxiques pour l’organisme : tout cela doit être éliminé, par les poumons et les reins notamment, sous peine d’empoisonner à petit feu votre champion…
Nous voyons bien se profiler un nombre incalculable de potentiels problèmes… Et nous n’avons pas encore abordé les diverses pathologies oculaire, ou encore les ovaires capricieux de nos juments, et tant d’autres !
Une baisse de performance sonne le début d’une enquête digne d’un agent secret, et c’est à votre vétérinaire que revient cette mission !

Exemples de coupables classiques de contre-performance

• L’appareil respiratoire est à l’origine de l’apport en oxygène, et peut être atteint de diverses affections. Un problème mécanique au niveau du cartilage du larynx empêchera l’air de circuler : c’est le cornage. Vous pourrez entendre un bruit lors de l’inspiration au travail, et le diagnostic sera posé lors d’une endoscopie au repos voire à l’effort. Plus en profondeur sur l’arbre respiratoire, les poumons peuvent aussi faiblir, atteints fréquemment par différentes formes d’asthme, la plus courante étant la « pousse » ou « emphysème ». Votre champion se met à tousser, surtout en présence de poussière ? Une auscultation par le vétérinaire est nécessaire afin de ne pas laisser la situation se dégrader de manière définitive.

• Le cœur prend ensuite le relai des poumons, mais bien qu’il soit d’une puissance remarquable, il peut parfois faiblir. Sa grande taille est en effet un atout non négligeable pour mettre en circulation une grande circulation de sang, mais elle rend plus difficile la conduction de l’influx électrique essentielle à la contraction cardiaque. Des arythmies peuvent alors survenir, pouvant mettre en péril la performance (voire la vie dans les cas les plus extrêmes…) de votre cheval.

• Le sang mis en mouvement transporte les globules rouges chargées d’oxygène. Cependant ces globules rouges peuvent parfois faire défaut : votre cheval est anémié, et son organisme est privé d’oxygène ! Les causes sont très nombreuses, en passant des troubles métaboliques jusqu’à la piroplasmose.

• Le sang apporte aussi les nutriments nécessaires à la contraction musculaire. La ration doit donc être adaptée au type d’effort demandé à votre cheval. Cependant n’oubliez pas que la base de la ration doit toujours rester les fourrages, sous peine de développer des affections comme les ulcères, qui sont une nouvelle cause de contre-performance !

• Une fois que le muscle reçoit le carburant nécessaire, il se contracte. Cependant une affection du muscle comme la « PSSM » limitera les performances de votre cheval. Ensuite, toute pathologie tendineuse ou articulaire rendra votre cheval frileux lors des mouvements. Ces affections peuvent causer des boiteries très discrètes, perceptibles seulement par un œil averti, mais gênent votre cheval et limiteront ses performances : les détecter le plus tôt possible permettra de les prendre en charge avant l’apparition d’une boiterie franche associée à des dégâts parfois difficiles à réparer !

Enfin, bien qu’un corps sain soit important pour toute performance, n’oubliez jamais que le cheval est avant tout un être vivant qui doit participer à cette performance : le moral de votre compagnon est primordial !

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