L’IAD (Inflammatory airway disease) ou maladie inflammatoire des voies respiratoires est, comme son nom l’indique une maladie due à l’inflammation des voies respiratoires chez le cheval. Elle possède beaucoup de points communs avec l’emphysème ou RAO (recurrent airway obstruction), en particulier sa cause principale : l’exposition à la poussière. Néanmoins, les symptômes sont beaucoup moins sévères dans les cas d’IAD que dans les cas d’emphysème.

Un problème fréquent, des signes cliniques discrets

L’IAD touche beaucoup de chevaux de tous âges. Cette maladie est en effet fréquente chez les chevaux de course (trotteurs et galopeurs) et les chevaux de sport et de loisir. Néanmoins, elle n’est pas toujours facile à identifier. En effet, les signes cliniques peuvent être très discrets surtout en début d’évolution : contre–performance chez les chevaux de course ou de sport, essoufflement anormal à l’effort ou récupération plus lente que la normale. Lorsque l’atteinte est plus sévère, une toux intermittente à l’effort peut apparaître. Mais contrairement au RAO, l’IAD ne provoque pas de signes cliniques marqués au repos : pas de difficultés respiratoires ni de quintes de toux.

Les causes de l’IAD

Comme pour le RAO, la poussière est la cause principale de l’IAD.

Le cheval préhistorique vivait en liberté, en plein air et mangeait de l’herbe 18 heures par jour. Les chevaux domestiqués que nous connaissons aujourd’hui ont un mode de vie totalement différent : beaucoup vivent en box souvent peu ou mal ventilé, sur paille et mangent du foin sec. Le système respiratoire du cheval n’a pas encore eu le temps de s’adapter à ce nouvel environnement et à la poussière qu’il engendre. La poussière est constituée essentiellement d’un mélange de fragments de végétaux et de bactéries (dont certains, les endotoxines, sont extrêmement irritants), de fragments de moisissures et de spores (Aspergillus, Peniciullium Mucor, Alternaria..).

Les particules de poussière sont de différentes tailles. Les particules respirables sont de toutes petites particules (< 5 micromètres de diamètre) capables d’être inspirées jusqu’au fond des poumons, dans les bronchioles et les alvéoles. Dans une écurie classique, chaque millilitre d’air renferme environ 3000 particules respirables. A chaque respiration, un cheval en inspire donc…12 millions !

Ces petites particules stimulent les systèmes de défense des poumons. Chez certains chevaux, la réaction est exacerbée et provoque une production accrue de mucus, un épaississement de la muqueuse (fine couche de cellules qui recouvre l’intérieur des poumons) et une bronchoconstriction (contraction réflexe des muscles qui entourent les bronches, qui a pour conséquence de diminuer leur diamètre et donc le passage de l’air).

Comment diagnostiquer l’IAD

Une IAD doit être suspectée lors de toux chronique intermittente sans fièvre ni atteinte de l’état général (le cheval mange bien, il n’est pas abattu). Une IAD peut également être suspectée en cas d’essoufflement anormal à l’effort ou de récupération prolongée, et en cas de contre-performance sans autre explication évidente (boiterie par exemple). Le vétérinaire s’emploiera tout d’abord à exclure une autre cause aux symptômes observés en réalisant un examen clinique approfondi et éventuellement des analyses sanguines. Pour confirmer le diagnostic, il réalisera ensuite un prélèvement tout au fond des poumons pour analyse : c’est le lavage bronchoalvéolaire. Il se fait sous sédation en introduisant un long tuyau souple et fin jusqu’au fond des poumons, en instillant du sérum physiologique stérile et en le réaspirant avant de l’envoyer au laboratoire. Celui-ci évaluera les différents types de cellules présents dans le prélèvement, ce qui permettra d’établir le diagnostic.

Comment traiter l’IAD

Le traitement médical de l’IAD, comme pour le RAO (emphysème), vise à diminuer l’inflammation et lever la bronchoconstriction. On utilisera donc des anti-inflammatoires stéroïdiens (corticostéroïdes) et des bronchodilatateurs, auxquels peuvent s’ajouter des fluidifiants du mucus et des produits expectorants. Ces produits peuvent être administrés par voie systémique (injectable ou orale) ou par inhalation. Cette dernière permet d’administrer le produit directement dans les voies respiratoires. Elle a l’avantage de nécessiter de petites doses de produits et de ne pas exposer l’ensemble du corps au médicament (limite les effets secondaires). Elle nécessite l’utilisation d’un nébuliseur adapté aux chevaux. D’autres produits, à base d’huiles essentielles à visée respiratoire, peuvent également être utilisés en complément ou à la suite du traitement « classique » pour potentialiser son effet et/ou prévenir la récidive.

Eliminer la poussière !

L’ IAD étant liée à l’environnement, sa prise en charge doit impérativement inclure des mesures visant à diminuer la poussière dans l’environnement respiratoire du cheval. Dans le cas contraire, les symptômes réapparaîtront sitôt le traitement terminé. Afin de diminuer la poussière dans l’environnement respiratoire du cheval, les mesures suivantes sont recommandées : remplacer la paille par du gros copaux dépoussiéré ou une litière de papier, éliminer le foin sec et le remplacer par du foin stérilisé ou de l’enrubanné de bonne qualité, améliorer la ventilation du box et des écuries en général, sortir le stock de foin de l’écurie, stocker le foin dans un endroit propre et sec, à l’abris des intempéries, sortir le cheval au pré ou au paddock régulièrement…

Un nouveau nom pour l’IAD

Récemment, la recherche scientifique a permis de mettre en évidence que l’IAD et le RAO avaient des mécanismes similaires et se différenciaient essentiellement par leur sévérité. Il est également apparu qu’elles avaient de nombreux points communs avec l’asthme chez l’Homme. On parle donc désormais d’asthme équin, modéré pour l’IAD et d’asthme équin sévère pour le RAO.
 
Auteur : DAUVILLIER Julie, Vétérinaire

 

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